Les brasseries de l'Avesnois

Les brasseries



L'Avesnois compte 151 communes, 96 ont possédé au minimum une brasserie.
Au début du XXème siècle, il y avait environ 240 brasseries en Avesnois.
Année Brasserie
1900 241
1910 204
1920 106
1930 103
1940 64
1950 35
1960 18
1970 7
1980 4
1990 4
2000 3
2010 5
2013 6
2014 5
2015 6

Aprés la première guerre, elles n'étaient plus qu'une centaine, puis 35 après la seconde guerre.
Suite aux rachats, regroupements des gros groupes brassicoles, il ne restait plus que 4 brasseries en activité en 1973:
    -La brasserie coopérative des 3 cantons à Felleries fermée en 1984
    -La brasserie Duyck à Jenlain
    -La brasserie Descamps (Actuellement Forest) à Monceau Saint Waast
    -La brasserie Thellier à Bavay


  3 brasseries sont venues compléter ces brasseries Avesnoises :
    -La brasserie Bailleux à Gussignies créée en 1989
    -La brasserie Dreum à Neuville en Avesnois créée en 2005
    -La brasserie du RondBois à Aibes créée en 2013 mais fermée en 2014.
    -La brasserie de Thiérache à Ohain créé en fin d'année 2015.
 
L'Avesnois possède donc actuellement 6 brasseries en activité.

L'inventaire de Mr Pierre-André Dubois et mes recherches m'ont permis de retracer l'histoire de ces brasseries.
Pour reprendre son classement et avoir des listes raisonnables, j'ai classé les brasseries par cantons, puis par villes.

Ci-dessous  l'article de Mr Dubois sur les brasseries de l'Avesnois paru dans la gazette des amis de la bière de 2010:

L'environnement naturel de l'Avesnois est tout à fait spécifique vis à vis des autres contrées de notre région. Son paysage brassicole, lui aussi, a été et reste très original. Au début du 20ème siècle, il était déjà très diversifié. Dans le bocage, là où sont implantés de petites brasseries agricoles, la consommation de bière, concurrencée par le cidre, le poiré, la frenette et une peu d'hydromel, est très faible. Il n'en est pas de même dans le bassin industriel métallurgique de Maubeuge ou celui textile et verrier de Fourmies. Là, se retrouve une forte population ouvrière. Au travail, les prolétaires exposés à la chaleur boivent de la "petite bière". Mais, pendant leurs rares loisirs, ils aiment se retrouver, à l'estaminet. Là, dans la fumée des pipes en terre d'Onnaing, ou des cigarettes roulées de "Semois" (de contrebande?!) finement coupé, ils aiment "deviser" autour d'un "quatre-au-pot" (demi-litre) de bière plus forte. Il se construit dans ces bassins d'emploi de nombreuses brasseries modernes et importantes: une dizaine, par exemple, à Hautmont, autant à Maubeuge où la brasserie Dubois déclare, en 1905, la forte production pour l'époque de 20000 hectolitres. Certaines de ces brasseries adoptent la forme coopérative dont la première, celle d'Hautmont, date de 1890.
Puis vint la guerre. A part Maubeuge, détruit en août 1914, peu de dégâts; le front est loin. Par contre, en 1918, les allemands pillent, voire détruisent systématiquement les sites industriels y compris les brasseries pour s'emparer des métaux, le cuivre en priorité. Le 11 novembre 1918, le clairon Pierre Seillier sonne le premier  "cessez le feu" à la Pierre d'Haudroy, à quelques kilomètres de Wignehies. Les brasseurs sinistrés vont être indemnisés. Paul Courtin brasseur à Avion, créé "L'Association des brasseurs des régions envahies" qui, avec l'appui du Professeur Eugène Boulanger préconisera aux brasseurs de regrouper leurs dommages de guerre et de s'associer pour édifier des brasseries modernes dites "Réunies ou Centrales"; en général, elles ne feront pas florès. C'est sur cette formule que s'établiront, en 1919, "les Brasseries Réunies d'Hautmont"  et les "Brasseries Réunies de Maubeuge". Cette dernière, célèbre grâce à sa "Porter 39", est le résultat de la réunion des brasseries Autier, Dubois-Ravaut et Damien (Elesmes).
Un élément important va favoriser le dynamisme et la créativité des brasseurs du cru: C'est la proximité de la frontière et le va-et-vient des populations. La Belgique était déjà  le "paradis des brasseurs" et offrait une gamme impressionnante de bières de qualité.
Il n'y a aucune corrélation entre la couleur de la bière et son degré de densité ou d'alcool; seulement une coïncidence. Il se trouve que les bières les plus fortes, celles qui étaient les plus appréciées des frontaliers français, étaient de type scotch, porter et stout, toutes fortement colorées. Il y avait, aussi, les bières d'abbaye souvent brunes.
Entre les 2 guerres, les brasseurs Avesnois relèvent le défi et brassent, pour la plupart, ces bières de prédilection. La plus célèbre réussite est, sans contexte, la "Porter 39" des Brasseries Réunies de Maubeuge. Elle fait partie, avec le "Pelforth brune" du Pélican (Lille) et la "Vilfort 40" de Dubois-Vaast (Denain), du tiercé gagnant des "brunes françaises". Remarquons que toutes trois furent conçues dans les années 30, non loin de la frontière Belge et qu'elles sont encore brassées actuellement.
Une autre facette du dynamisme des brasseurs du Hainaut, c'est , toujours dans le même créneau des bières denses et colorées, la relance, dans les années 60, des "Bières de Noël" par quelques brasseurs du Valenciennois et de l'Avesnois. Le succès fut tel qu'en décembre 1986, lorsque notre association a organisé la première présentation des bières de Noël, la quasi totalité des brasseurs régionaux (14) en avaient brassé une. En 2010, ce sont 38 bières de Noël qui sont présentées dans cette Gazette.
Enfin n'est-ce pas dans l'Avesnois que fut, au début des années 60, mise sur le marché avec succès que l'on sait la "Bière de Jenlain", une première de la série des "Bières de Garde" qui va révolutionner l'image brassicole de notre région ?